Du 5 au 7 mai 2026, Abidjan s’ affirme comme le centre d’une importante mobilisation scientifique contre le mpox (variole du singe). La cérémonie officielle de lancement du projet VAXPOX s’est tenue ce mardi 5 mai, à l’Institut Pasteur de Côte d’Ivoire, en présence du Dr Koné Blaise, Directeur général adjoint chargé de l’hygiène publique, représentant le ministre de la Santé, Pierre Dimba.
Ce projet, coordonné par l’Institut Pasteur de Paris et déployé dans six pays africains, vise à renforcer les politiques de santé publique face à la recrudescence du mpox, une maladie virale en pleine expansion depuis 2024. Selon le Dr Koné Blaise, l’enjeu majeur réside dans la capacité du projet à anticiper d’éventuelles crises sanitaires futures. « Depuis la Covid-19, nous savons que seule la recherche scientifique permet de fournir des réponses efficaces face aux épidémies », a-t-il déclaré.

Malgré un taux de mortalité inférieur à celui d’autres maladies, le mpox demeure préoccupant en raison de ses mutations et de modes de transmission encore mal compris. Le Professeur Meïté Syndou, directeur de l’Institut Pasteur de Côte d’Ivoire, souligne que le projet permettra d’approfondir la compréhension de la circulation du virus. Présent dans la région depuis les années 1970, le mpox connaît aujourd’hui une résurgence, avec de nouveaux comportements, notamment une transmission plus fréquente.
Les recherches prévues incluent des études sérologiques pour évaluer l’exposition des populations, des analyses moléculaires, le séquençage du virus, ainsi que la modélisation de sa propagation. « La détection des cas ne révèle qu’une partie de la réalité. Il est essentiel d’évaluer l’ampleur réelle de la contamination », explique-t-il.

VAXPOX repose sur un consortium regroupant sept institutions du Réseau Pasteur, dont six en Afrique (Côte d’Ivoire, Cameroun, Centrafrique, Guinée, Madagascar et Niger), ainsi que l’Institut Pasteur de Paris. Arnaud Fontanet, responsable scientifique du projet et directeur de l’unité d’épidémiologie des maladies émergentes à Paris, précise que cette initiative permettra de mener des enquêtes de terrain pour mieux comprendre la diffusion du virus en Afrique subsaharienne.

« Financé à hauteur d’un million de dollars sur deux ans par la Stavros Niarchos Foundation (SNF) et soutenu par l’ANRS MIE, le projet VAXPOX capitalise également sur les équipements et technologies acquis après la pandémie de Covid-19 », indique-t-il.
Au-delà de la recherche, VAXPOX vise à fournir des données scientifiques pour orienter l’utilisation des vaccins contre le mpox, déjà déployés dans plusieurs pays africains. En combinant épidémiologie, virologie et modélisation, cette initiative ambitionne de renforcer la préparation et la réponse face aux épidémies, contribuant ainsi à la sécurité sanitaire en Afrique.

Source : jdmagazinetv.net

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