Dans le cadre de la 4e édition de la Tribune du Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique (MESRS), le ministre, le professeur Adama Diawara, a rencontré le vendredi 5 juin 2026 la communauté universitaire de l’Université Nangui Abrogoua (UNA).
Cette rencontre, qui a réuni enseignants-chercheurs, chercheurs, personnels administratifs et techniques (PAT) ainsi que les étudiants, s’inscrit dans la volonté du ministre de maintenir un dialogue de proximité avec les acteurs du monde académique.
Cette tribune a constitué une véritable plateforme d’écoute, de partage d’expériences et de réflexion commune sur les défis, les ambitions et les perspectives du système ivoirien d’enseignement supérieur et de recherche scientifique.
Face aux enseignants-chercheurs, chercheurs et personnels administratifs et techniques, le ministre Adama Diawara a dressé un bilan des réalisations enregistrées dans le sous-secteur de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique depuis l’accession du Président de la République, Alassane Ouattara, au pouvoir en 2011.

Selon lui, la Côte d’Ivoire est passée de trois universités publiques en 2011 à neuf aujourd’hui, avec la construction en cours d’une dixième université à Odienné, dont l’ouverture est prévue à la prochaine rentrée universitaire.
Le ministre a également indiqué qu’entre 2011 et 2025, près de 7 000 enseignants-chercheurs et chercheurs ont été recrutés afin de renforcer les capacités d’encadrement dans les établissements d’enseignement supérieur.
Abordant la question des heures supplémentaires soulevée par les personnels administratifs et techniques, il a annoncé que celles-ci seront désormais rémunérées selon les grades, avec des montants fixés par le ministère.
Concernant les difficultés liées à la connexion internet sur les campus universitaires, le ministre a rassuré son auditoire : « Le programme 2024 en cours prévoit la remise en état de l’internet sur les campus. Nous veillerons à ce que cette mesure soit effectivement appliquée. »
Il a également évoqué la question des équipements scientifiques, indiquant que des actions seront entreprises pour améliorer l’équipement des laboratoires de recherche.
S’adressant aux étudiants, le professeur Adama Diawara a présenté les réformes engagées pour améliorer les taux de réussite dans les universités publiques.
Parmi les mesures phares figure l’instauration d’un mois de mise à niveau destiné aux nouveaux bacheliers afin de faciliter leur adaptation aux exigences de l’enseignement supérieur.
Le ministre a également rappelé la réforme du système d’évaluation des étudiants. Désormais, les résultats reposent sur un contrôle continu comprenant une interrogation écrite lors des travaux dirigés (10 %), un devoir de fin de semaine (30 %) et l’examen de fin de semestre (60 %).
Le ministre a également insisté sur la nécessité d’améliorer l’employabilité des diplômés.
« Lorsque vous terminez vos études, il faut que vous soyez en situation d’emploi », a-t-il souligné, avant d’expliquer que cet objectif repose à la fois sur la qualité des formations et sur une meilleure adéquation entre les compétences acquises à l’université et les besoins du marché du travail.
Dans cette perspective, le ministère poursuit la révision des contenus de formation, déjà amorcée avec la réforme du BTS et des licences professionnelles, afin de l’étendre progressivement à l’ensemble des unités de formation et de recherche (UFR) des universités ivoiriennes.
Parallèlement, un dispositif est en cours de mise en place pour favoriser l’insertion professionnelle des diplômés.
Sur la question des bourses et secours financiers, le ministre a rappelé que l’enveloppe budgétaire consacrée à ces aides est passée de 7,4 milliards de FCFA en 2011 à 24,5 milliards de FCFA aujourd’hui.
Cette augmentation a permis d’élargir le nombre de bénéficiaires. Désormais, les étudiants issus de familles défavorisées, non boursiers et ne suivant pas une formation continue, bénéficient systématiquement d’un secours financier. La même mesure s’applique aux étudiants non boursiers inscrits dans les filières Mathématiques et Physique.
Concernant la restauration universitaire, le ministre a indiqué que la subvention de l’État a été revue à la hausse afin d’améliorer la qualité des repas servis aux étudiants.
S’agissant du logement, il a rappelé que six nouvelles cités universitaires ont été construites depuis 2011 : une à Daloa (1 200 lits), deux à Korhogo (1 400 et 2 400 lits), une à Man (1 000 lits), une à San Pedro (1 000 lits) et une à Bondoukou (1 000 lits).
Trois nouvelles cités universitaires sont également annoncées : une de 500 lits sur le campus de Cocody, une de 2 000 lits sur le campus d’Abobo-Adjamé et une autre de 2 000 lits à Bouaké.
Interrogé sur une éventuelle réouverture de la plateforme d’inscription, le ministre a été catégorique. Aucune réouverture ne sera accordée aux étudiants ni aux candidats au BTS n’ayant pas effectué leurs formalités dans les délais impartis.
Seule exception : les doctorants de l’Université Nangui Abrogoua qui n’ont pas encore pu finaliser leur inscription.
« Nous avons décidé de mettre de l’ordre dans notre système d’enseignement supérieur. Nous ne voulons plus que le système fonctionne à l’envers. La plateforme ne sera pas rouverte. Chacun doit prendre ses responsabilités », a déclaré le ministre.
Prenant la parole à l’ouverture de la rencontre, la présidente de l’Université Nangui Abrogoua, le professeur Véronique Yoboué, a souhaité la bienvenue au ministre et salué les efforts entrepris en faveur du développement de l’enseignement supérieur ivoirien.

Elle a souligné que la présence du ministre sur le campus témoigne de l’intérêt constant qu’il porte à l’enseignement supérieur, à la recherche scientifique et au bien-être des acteurs du monde universitaire.
Le professeur Yoboué a également rendu hommage aux réformes engagées sous sa conduite, estimant qu’elles contribuent au renforcement et au rayonnement du système ivoirien d’enseignement supérieur.
Elle a particulièrement salué les travaux de réhabilitation et de modernisation en cours à l’UNA, notamment la rénovation des amphithéâtres, des salles de travaux pratiques et dirigés, des laboratoires ainsi que des bureaux administratifs.
« Votre visite constitue une précieuse occasion d’échanges pour l’ensemble de la communauté universitaire. Elle traduit notre volonté de rester à l’écoute des préoccupations du terrain afin d’apporter des réponses adaptées aux défis de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique », a-t-elle conclu.
Source : enseignement.superieur.ci

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