La vulgarisation de la thermocoagulation s’impose désormais comme un levier stratégique pour freiner la progression du cancer du col de l’utérus en Côte d’Ivoire, a soutenu Dr Boni Simon du programme nationale de lutte contre le cancer, lors d’un séminaire de renforcement de capacités des médias sur cette pathologie mercredi 11 mars 20216 à Abidjan.
S’exprimant sur” la mise en œuvre d’initiatives de dépistage en Côte d’Ivoire : synthèse et message clé”, Dr Boni a souligné l’urgence d’adopter des technologies plus accessibles et durables face à la baisse des appuis extérieurs pour la cryothérapie traditionnelle.
Selon lui, le « thermocoagulateur » représente l’outil idéal pour assurer un traitement immédiat des lésions précancéreuses.
L’expert a lancé un appel pressant aux professionnels des médias pour porter le plaidoyer en faveur de l’acquisition de ces appareils.
« Cet appareil, le thermocoagulateur, peut faire l’objet de dons par des structures privées ou des partenaires. Au ministère de la Santé, nous poursuivons le plaidoyer auprès de la hiérarchie, mais votre apport est attendu pour une mobilisation générale », a-t-il exhorté.
L’un des défis majeurs identifiés reste le taux de perdition des patientes. Si 103 800 femmes ont été dépistées en 2025, un chiffre jugé « encourageant » mais encore « insuffisant », selon le spécialiste notant que le nombre de femmes traitées lors de la même consultation est « en baisse ».
Pour Dr Simon Boni, l’absence de traitement immédiat est un risque mortel. « Comme les lésions précancéreuses ne font pas mal et ne font pas saigner, la femme peut être dissuadée par son entourage ou les réseaux sociaux. Si elle ne traite pas le jour même, elle risque de revenir plus tard avec un cancer déclaré », a-t-il averti.
Le spécialiste a également tenu à rassurer les populations sur la qualité du dépistage hors d’Abidjan. Il a salué l’expertise des sages-femmes formées et a cité en exemple le leadership de structures comme le centre hospitalier régional (CHR) de Bouaké, l’Hôpital général de Daloa et Abobo à Abidjan qui ont su organiser la continuité du service malgré la réduction des financements.
« J’invite toutes les femmes à se faire dépister. La peur, parfois, n’est qu’une peur. Et l’on ne peut la vaincre que par l’action. Il faut donc franchir cette étape. Certes, l’examen visuel et la pose du spéculum peuvent entraîner une gêne, parfois même une légère douleur. Mais il est important d’aller au dépistage et de surmonter cette crainte, car la peur ne résout rien dans la prévention du cancer du col de l’utérus », a déclaré le docteur.
Ce séminaire, organisé avec l’appui financier du partenaire Roche Diagnostic, vise à outiller les journalistes pour une meilleure sensibilisation sur le dépistage précoce et l’importance de la vaccination contre le virus du papillome humain (HPV). Il s’agira également de promouvoir une approche intégrée VIH–cancer du col de l’utérus auprès des acteurs clés de la santé à Abidjan.
Il interviendra dans le cadre de la Journée internationale de sensibilisation sur les HPV et les maladies induites, célébrée chaque année le 4 mars d’une part et d’autre part la journée internationale des droits de la femme du 8 mars 2026, rappelle -t-on.
En Côte d’Ivoire un Plan national d’accélération de l’élimination du cancer du col a été élaboré et lancé à la faveur de la campagne Janvier Sarcelle 2026.
Le cancer du col de l’utérus se défint par la transformation des cellules normale en cellules cancéreuses. Cette transformation est le fait d’une infection au papillona virus humain (HPV), facteur determinant dans la survenue du cancer.
L’atelier est sous la coordination du ministère de la Santé, de l’Hygiène Publique et de la Couverture maladie universelle, à travers le Programme national de lutte contre le cancer (PNLCa) en collaboration avec la Coalition des organisations de la lutte contre le cancer (COLCC) et le Programme national de lutte contre le Sida (PNLS), avec l’appui financier de Roche Diagnostics.
Source : AIP

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