Une campagne de dépistage gratuit de l’endométriose a été lancée samedi 4 juillet 2026 au centre culturel de Sakassou par l’ONG Endo Woman Afrik avec un appel au diagnostic précoce.
A cette occasion, le gynécologue, Dr Séry Bi Rodolphe, a présenté aux populations les manifestations cliniques de cette maladie inflammatoire chronique qui touche principalement les femmes en âge de procréer. Selon lui, cette affection apparaît dès les premières menstruations et concerne environ 10 % des femmes.
Le spécialiste a expliqué que cette maladie, communément appelée « bobodouman » dans certaines localités, n’est pas mortelle mais peut avoir des conséquences sur la qualité de vie des patientes en raison des douleurs qu’elle provoque et des complications qu’elle peut entraîner.
Il a cité parmi les principaux signes cliniques des douleurs pelviennes avant et pendant les menstruations, des règles abondantes, des douleurs pendant les rapports sexuels, des troubles digestifs, des troubles urinaires ainsi que des difficultés à concevoir pouvant conduire à une infertilité.
Le gynécologue a indiqué que plusieurs facteurs peuvent favoriser l’apparition ou l’évolution de cette affection, notamment les interventions sur l’utérus, les révisions utérines, les accouchements ainsi que d’autres traumatismes utérins.
Selon lui, le diagnostic de l’endométriose demeure complexe, les symptômes étant souvent similaires à ceux d’autres affections gynécologiques ou digestives. Il a insisté sur la nécessité pour les femmes présentant des douleurs menstruelles persistantes ou d’autres signes évocateurs de consulter un personnel de santé afin de bénéficier d’examens appropriés.
Abordant la prise en charge, le spécialiste a expliqué que plusieurs options thérapeutiques existent en fonction de l’évolution de la maladie et de la situation de chaque patiente. Il a cité les traitements hormonaux, notamment, la contraception hormonale, les traitements médicamenteux destinés à soulager les douleurs, la chirurgie visant à retirer les lésions d’endométriose et, dans certaines situations particulières, l’ablation de l’utérus lorsque cette option est médicalement indiquée.
Répondant aux préoccupations des participants, le Dr Séry Bi Rodolphe a précisé que l’endométriose n’est pas une maladie contagieuse. Il a ajouté que les symptômes peuvent s’atténuer au cours de la grossesse et qu’ils régressent généralement après la ménopause en raison des modifications hormonales.
Présidant la cérémonie, le préfet du département de Sakassou, Bonaventure Tiégbé, a salué l’initiative de l’ONG Endo Woman Afrik, à l’origine de cette campagne de sensibilisation et de dépistage. Il a relevé que les actions de cette organisation visent à informer les populations sur l’endométriose, à accompagner les femmes atteintes de cette maladie et à mener un
plaidoyer auprès des autorités pour l’intégration de sa prise en charge dans le panier de soins de la Couverture maladie universelle (CMU).
Le préfet a invité les associations de femmes ainsi que les femmes des différentes communautés du département à participer à la campagne de dépistage gratuit organisée à l’hôpital général de Sakassou.
Les consultations de dépistage sont prévues du lundi 6 au vendredi 10 juillet 2026 au sein de l’établissement sanitaire, dans le cadre des activités de sensibilisation consacrées à la lutte contre l’endométriose.
Source : AIP

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