Addis-Abeba, Éthiopie – Pour la première fois, l’Afrique réunit ses experts et partenaires mondiaux pour faire face à une menace sanitaire longtemps négligée : les infections fongiques. Du 2 au 4 mars 2026, la capitale éthiopienne accueillera le Sommet Inaugural sur les Maladies Fongiques, un événement historique co-organisé par les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC) et l’organisation Global Action For Fungal Infections (GAFFI).
Un fardeau silencieux mais dévastateur
Souvent sous-estimées, les infections fongiques représentent un défi sanitaire critique, en particulier pour les populations immunodéprimées. L`Afrique, qui supporte les deux tiers du fardeau mondial du VIH, plus de 50 % des décès liés au sida sont attribuables à ces infections. Elles compliquent également la prise en charge de la tuberculose, première cause de mortalité chez les personnes vivant avec le VIH.
Mais l’impact ne s’arrête pas là. Avec la transition épidémiologique du continent, les maladies fongiques aggravent l’état des patients souffrant d’asthme, de cancer, ou encore de maladies pulmonaires chroniques. La kératite fongique est une cause majeure de cécité, tandis que des infections superficielles dues à des dermatophytes résistants aux traitements touchent des millions de personnes.
Transformer la prise en charge : des solutions locales et durables
L’objectif de ce sommet est clair : passer de la prise de conscience à l’action stratégique. Les discussions viseront à intégrer la lutte contre les mycoses dans les plans de santé nationaux des États membres de l’Union africaine.
Les principaux objectifs du sommet sont :
• Comprendre les défis spécifiques liés aux maladies fongiques en Afrique.
• Partager des modèles d’intervention pragmatiques et adaptables aux contextes locaux.
• Créer un réseau de collaboration multidisciplinaire pour mutualiser les ressources et renforcer les capacités.
• Élaborer une feuille de route continentale pour faire de la lutte contre les mycoses une priorité.
• Définir les domaines d’investissement prioritaires pour la recherche et le développement.
La Côte d’Ivoire bien représentée
Parmi les experts africains présents, la Côte d’Ivoire jouera un rôle actif. Le Professeur Doumbia Adama, spécialiste en maladies infectieuses au CHU de Treichville, et le Professeur Eboi Ehui, Directeur du Programme National de Lutte contre le Sida (PNLS), prendront part aux travaux. Une invitation officielle a été adressée à Docteur David Koffi, Ambassadeur GAFFI et représentant de l’Institut Pasteur de Côte d’Ivoire, pour contribuer par son expertise à cette initiative majeure.
Leur présence souligne l’importance d’une approche intégrée, reliant les programmes existants (VIH, tuberculose) à cette nouvelle priorité.
Vers une alliance mondiale contre les mycoses
Au-delà des présentations et des échanges, ce sommet ambitionne de poser les premières pierres d’une alliance mondiale contre les maladies fongiques. L’objectif est de créer une dynamique durable qui permettra non seulement de sauver des vies, mais aussi de réduire le poids de ces infections sur les systèmes de santé africains.
À propos d’Africa CDC : Agence technique spécialisée de l’Union africaine, elle soutient les États membres dans leurs efforts de prévention, de surveillance et de réponse aux menaces de maladies.
À propos de GAFFI : Organisation internationale dédiée à réduire le nombre de décès et de souffrances dus aux infections fongiques dans le monde.
Source : jdmagazinetv.net

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