L’ensemble des acteurs de la chaîne logistique du médicament a été mobilisé, du 31 mars au 1er avril 2026 à Abidjan, en vue de l’élaboration d’une feuille de route visant à améliorer l’accès aux médicaments pour les troubles mentaux et neurologiques en Côte d’Ivoire.
Initié par le Programme national de santé mentale (PNSM), avec l’appui de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), cet atelier a réuni les sociétés savantes de neurologie et de psychiatrie, les directeurs d’hôpitaux psychiatriques, les responsables de l’activité pharmaceutique, les autorités de régulation, la direction de la Couverture maladie universelle (CMU), les médias, ainsi que les associations de personnes vivant avec l’épilepsie et les maladies mentales.
Selon le directeur-coordonnateur du Programme national de santé mentale, Pr Koua Asseman Médard, ces deux jours de travaux ont permis d’analyser, dans une dynamique de co-construction, les défis liés à l’accessibilité géographique, financière et sociale des médicaments.
Plusieurs obstacles ont été identifiés, notamment l’insuffisance de disponibilité des médicaments, souvent éloignés des populations, leur coût encore élevé, le manque de ressources humaines qualifiées pour la prise en charge, ainsi que la persistance de la stigmatisation liée à ces pathologies, en particulier l’épilepsie et la maladie de Parkinson.
” Des avancées significatives ont néanmoins été enregistrées. Le directeur général de la Santé a exprimé la volonté du ministère de disposer de recommandations claires en vue d’une subvention des médicaments. Par ailleurs, le représentant de la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM) a indiqué que le processus d’intégration des médicaments de santé mentale et de l’épilepsie dans le panier de soins sera accéléré”, a relevé Pr Koua.
Ces avancées laissent entrevoir des résultats encourageants pour les populations, soutenus par une feuille de route à laquelle tous les acteurs contribueront, ont souligné les participants, a-t-il ajouté.
Le représentant résident de l’OMS en Côte d’Ivoire, Lucien Manga, s’est félicité de l’existence d’un programme national de santé mentale “extrêmement dynamique”, dirigé par des ressources humaines de qualité, des personnes compétentes, dévouées et même passionnées.
” Il nous appartient à tous de joindre nos efforts pour continuer à faire progresser le travail qui est fait, pour qu’enfin la prise en charge complète des souffrances de nature mentale soit offerte à chacun. Le chemin est encore très long, mais il commence par un pas, qui est peut-être le pas d’aujourd’hui, mais qui lui-même a commencé hier”, a souhaité M. Manga.
Abondant dans le même sens, le directeur général de la Santé, Pr Mamadou Samba, a encouragé les participants et acteurs du secteur à travailler de « manière très sérieuse ».
” Moi, je vais vous encourager, aujourd’hui, à travailler de manière très, très sérieuse. Je n’ai pas de doute. Vous êtes très disciplinés, très sérieux. Aujourd’hui, il faut aller de l’avant. Les populations nous attendent. Les populations comptent sur nous. Et moi, je compte sur vous”, a lancé Pr Samba
Les troubles mentaux et neurologiques constituent un problème majeur de santé publique à l’échelle mondiale. Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), plus d’un milliard de personnes vivent avec un trouble neurologique, et ces pathologies sont responsables d’environ neuf millions de décès par an, représentant près de 16 % des décès dans le monde (OMS, 2022).
L’épilepsie, l’un des troubles neurologiques les plus fréquents, touche environ 50 millions de personnes dans le monde, dont 80 % vivent dans des pays à revenu faible ou intermédiaire (WHO, 2019). En Afrique subsaharienne, la prévalence de l’épilepsie est estimée entre 7 et 14 pour 1 000 habitants (Ngugi et al., 2010), avec un taux de traitement très faible.
Source : AIP

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