La Fondation Mindful Change Côte d’Ivoire a assuré la prise en charge médicale et psychologique de 131 femmes dans la région du Gbêkê, dans le cadre de la mise en œuvre de son projet de santé mentale dénommé « Amplify Psy ».
La phase pilote de ce programme, visant à améliorer la situation socio-sanitaire des femmes en âge de procréer souffrant de troubles mentaux, a été déployée au centre de santé urbain de Brobo ainsi que dans les centres de santé ruraux de Bounda et de Saminikro.
« Pour la prise en charge médicamenteuse, 131 femmes ont bénéficié gratuitement de services de santé, de médicaments, d’un suivi psychologique et ont été mises sous méthode contraceptive », a indiqué la cheffe de projet, Edith Joëlle Trazouo, mardi 17 mars 2026, lors d’un atelier de restitution des résultats de la phase pilote à Abidjan organisée sous l’égide du Programme nationale de santé mentale (PNSM).
Au total, plus de 4 000 femmes en âge de procréer ont été sensibilisées aux questions de santé mentale et trois centres de santé ont été renforcés dans ce domaine, a précisé Mme Trazouo, soulignant que ces résultats dépassent les objectifs initiaux.
Elle a, par ailleurs, insisté sur la nécessité d’impliquer davantage les familles et la communauté.
« La difficulté, c’est que les femmes atteintes de troubles mentaux, notamment lorsqu’elles sont enceintes, ne se rendent pas toujours aux consultations prénatales. Il revient donc aux parents de les accompagner », a-t-elle expliqué.
La cheffe de projet a également appelé les acteurs du système de santé à élargir leur champ d’intervention à cette cible spécifique et à renforcer la collaboration avec les agents de santé communautaires (ASC), afin de mieux orienter ces femmes vers les structures sanitaires.
De son côté, le médecin-chef du centre de santé urbain de Brobo, Dr Paul-Amédée Ahibo, a plaidé pour la pérennisation des acquis, notamment à travers la formation continue des sages-femmes. Il recommande de les outiller afin d’intégrer systématiquement la santé mentale dans les consultations.
« Une fois formées, elles pourront identifier ces femmes de manière individuelle et dépister, à l’aide de questionnaires standardisés, celles présentant des troubles, allant de la dépression à la psychose », a-t-il expliqué.
Le directeur général adjoint de la Santé, Dr Tia Mamadou, s’est réjoui des avancées enregistrées. Selon lui, les enseignements tirés de cette phase pilote permettront, dans le cadre de l’intégration des soins dans le Plan national de développement sanitaire (PNDS), d’envisager l’extension du projet à l’échelle nationale.
« Nous sommes très satisfaits des résultats présentés aujourd’hui. Ce projet, mis en œuvre dans le tissu sanitaire de Bouaké Nord-Est, contribue à améliorer la santé mentale des femmes, notamment des mères et des femmes enceintes », a-t-il déclaré.
Soutenu financièrement par la Fondation Recover, basée en Espagne, et la Fondation Atlantique Group, le projet « Amplify Psy » répond aux réalités vécues par les femmes enceintes ou en âge de procréer, souvent victimes de violences basées sur le genre, et exposées à la stigmatisation et à l’exclusion sociale.
Source : AIP

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