À l’heure où l’Afrique aborde une décennie décisive dans la lutte contre le paludisme, une nouvelle génération de scientifiques africains s’impose comme un moteur clé de la recherche, de l’innovation et du leadership en santé publique sur le continent, rapporte African Media Agency (AMA) dans un communiqué publié lundi 23 février 2026.
Selon le Rapport mondial sur le paludisme 2025 de l’OMS, 282 millions de cas et 610 000 décès ont été enregistrés en 2024, soit environ neuf millions de cas supplémentaires par rapport à l’année précédente.
Le rapport Goalkeepers 2025 alerte également sur un risque inédit d’augmentation des décès d’enfants, avec jusqu’à 12 millions de morts supplémentaires d’ici 2045 en cas de baisse de 20% des financements de la santé.

Face à ces signaux inquiétants, des chercheurs formés localement et connectés à l’échelle mondiale intensifient leurs efforts.
En Ouganda, l’entomologiste Krystal Birungi, engagée au sein de Target Malaria à l’Institut ougandais de recherche sur les virus (UVRI), œuvre depuis près d’une décennie sur la prévention et la sensibilisation communautaire.
Survivante du paludisme dans son enfance, elle milite également au sein du Réseau de défenseurs du Fonds mondial et a été distinguée en 2025 parmi les Goalkeeper Champions pour son engagement en faveur de l’accès équitable aux soins.

Au Kenya, Dr Annette Onyango, médecin spécialisée en santé mondiale et maladies infectieuses, conjugue pratique clinique et plaidoyer continental. Secrétaire du Conseil consultatif des jeunes de l’Alliance des dirigeants africains contre le paludisme (ALMA), elle promeut l’implication des jeunes dans l’élimination du paludisme et des maladies tropicales négligées d’ici 2030. Elle plaide pour un renforcement des systèmes de santé et des partenariats avec les gouvernements et les organisations de la société civile.
En Ouganda également, la jeune chercheuse Angella Nakamaanya, assistante de recherche à l’UVRI, incarne cette relève scientifique. Marquée par des épisodes répétés de paludisme durant son enfance, elle se spécialise dans la biologie des moustiques, avec l’ambition de produire des solutions adaptées aux réalités communautaires.
Soutenus notamment par le consortium de recherche Target Malaria, ces scientifiques entendent placer le leadership africain au cœur des stratégies d’élimination du paludisme. Pour eux, la science, ancrée dans l’expérience vécue et la responsabilité sociale, constitue un levier essentiel pour construire un avenir sans paludisme sur le continent.
Source : AIP

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