Le directeur de l’hôpital psychiatrique de Bouaké, Dr Djo Bi Djo François, a animé une séance de sensibilisation sur les problèmes de santé mentale et de maladie mentale, mardi 7 avril 2026, à l’occasion d’une cérémonie de remise de don organisée par l’ONG Eveil Côte d’Ivoire en partenariat avec l’association Mon D-Parapluie.
Intervenant devant les participants, Dr Djo Bi Djo François a expliqué que la santé mentale est souvent confondue avec la maladie mentale. Il a indiqué que la santé mentale constitue une composante de la santé au même titre que la santé physique. Selon lui, la santé est composée de deux éléments, à savoir la santé physique et la santé mentale, et toute perturbation de l’un de ces éléments entraîne une altération de l’état de santé.
Il a précisé que la santé mentale correspond à un état de bien-être dans lequel une personne peut s’épanouir, faire face aux tensions normales de la vie, être productive et participer aux activités de la communauté. Il a cité comme exemples de situations de stress les deuils, le chômage, les conflits conjugaux et les difficultés sociales.
Le premier responsable de l’hôpital psychiatrique a souligné que la maladie mentale se caractérise par une perturbation de la pensée, des émotions ou du comportement. Il a expliqué que toute personne peut, à un moment de sa vie, présenter des troubles liés à la santé mentale, avec des manifestations variables selon les individus. Il a évoqué des cas de tristesse profonde, de réactions excessives face à des événements, ou encore de comportements dictés par des perceptions altérées de la réalité.
Dr Djo Bi Djo François a indiqué que certaines personnes peuvent développer des raisonnements différents de ceux de leur entourage, ce qui peut entraîner des comportements inadaptés ou agressifs. Il a également mentionné des situations où des patients déclarent entendre des voix ou interpréter des événements comme des menaces, ce qui influence leurs réactions.
Abordant les causes des troubles mentaux, il a évoqué des facteurs génétiques, tout en précisant qu’une prédisposition ne conduit pas systématiquement à une maladie. Il a également mis en avant les facteurs environnementaux, notamment les conflits familiaux, les conditions d’éducation, l’absence de communication au sein des familles, ainsi que l’excès de permissivité ou de sévérité dans l’éducation des enfants.
Il a ajouté que les conditions de vie, telles que le chômage, les conflits conjugaux et les difficultés sociales, peuvent favoriser l’apparition de troubles mentaux. Il a insisté sur le rôle des substances psychoactives, indiquant que la consommation de drogues constitue un facteur de risque important dans le développement des maladies mentales.
Le directeur de l’établissement a rejeté les explications liées à la sorcellerie, estimant que ces perceptions retardent la prise en charge des patients. Il a expliqué que certains recours à des pratiques non médicales conduisent à l’interruption des traitements et compliquent le suivi thérapeutique.
Dr Djo Bi Djo François a affirmé que les maladies mentales peuvent être prises en charge et stabilisées grâce à un suivi médical approprié. Il a indiqué que les patients peuvent retrouver une vie sociale et professionnelle normale après traitement. Il a insisté sur l’importance de l’observance thérapeutique et du rôle de la famille dans l’accompagnement des patients.
Il a précisé que l’entourage constitue un élément essentiel dans le processus de prise en charge, avant même l’administration des traitements médicamenteux. Il a appelé les familles à veiller au respect du traitement et à accompagner les patients dans leur réinsertion.
Présentant les services de l’établissement, il a indiqué que l’hôpital psychiatrique de Bouaké dispose de médecins psychiatres, de médecins généralistes, d’infirmiers spécialisés, d’une psychologue, d’aides-soignants et de personnels d’appui. Il a ajouté que la structure prend en charge les troubles mentaux, l’épilepsie, ainsi que les usagers de drogues.
Il a également fait savoir que l’établissement développe des activités de pédopsychiatrie, avec la prise en charge des enfants présentant des troubles du développement. Il a mentionné la présence d’un orthophoniste chargé de la rééducation du langage, notamment chez les enfants autistes.
Le directeur a invité les populations à fréquenter les structures de santé spécialisées en cas de besoin, rappelant que des solutions existent pour la prise en charge des troubles mentaux.
Source : AIP

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