La communauté de l’Arche Bouaké a organisé, mardi 17 mars 2026, une activité de sensibilisation sur la trisomie 21, en prélude à la célébration de la Journée mondiale de la trisomie 21 prévue le samedi 21 mars 2026 autour du thème « Ensemble contre la solitude ».
Selon le chef du projet INCLU’R AFRIQUE, Lavri Alex, cette rencontre vise à faire comprendre la trisomie 21 et, plus largement, les réalités du handicap mental, afin de promouvoir une société respectueuse de la dignité et des droits de toutes les personnes.
Il a expliqué que la trisomie 21 constitue une anomalie génétique caractérisée par la présence d’un chromosome supplémentaire, portant le nombre total à 47 au lieu de 46. Cette particularité agit sur les capacités cognitives de l’enfant, entraînant des difficultés à réfléchir, à réagir, à résoudre des problèmes et à s’adapter aux situations de la vie courante.
« La trisomie 21 n’est pas seulement une anomalie génétique. Elle est aussi une question d’inclusion, de regard et de respect des droits humains. Les personnes concernées et leurs familles font face à des préjugés, à la stigmatisation et à des difficultés d’accès à l’éducation, aux services sociaux et à la vie communautaire », a indiqué M. Lavri.
Il a précisé que cette activité s’inscrit dans le cadre du projet INCLU’R AFRIQUE, financé par l’Agence française de développement, qui vise à favoriser l’inclusion et la résilience des enfants et des jeunes en situation de handicap mental à Bouaké et dans ses environs.
La rencontre a été marquée par deux communications portant sur les thèmes « Trisomie 21 et handicap mental : comprendre pour promouvoir les droits, la dignité et l’inclusion » et « Droits et dignité des personnes handicapées ».
Le premier thème a été développé par les éducateurs spécialisés Coulibaly Thierry, de l’Arche Bouaké, et Aké Joël, de la direction régionale de la Femme, de la Famille et de l’Enfant. S’appuyant sur l’article 1er de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, ils ont rappelé que tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits.
Ils ont souligné que les enfants atteints de trisomie 21 disposent des mêmes droits que les autres enfants, notamment, le droit à l’identité, à la santé, à l’éducation, à la protection contre la violence, l’exploitation et la maltraitance.
Les intervenants ont expliqué que le handicap mental se manifeste lorsque les capacités cognitives d’une personne ne lui permettent pas de faire face à certaines situations de manière autonome. Dans le cas de la trisomie 21, cette limitation est permanente et nécessite un accompagnement adapté.
Ils ont insisté sur la nécessité pour les parents et les encadreurs d’éviter les comparaisons entre enfants et d’adopter une approche fondée sur la compréhension des capacités de chaque enfant. Ils ont recommandé un accompagnement constant, un environnement accessible et une attention particulière afin de favoriser l’épanouissement des enfants concernés.
Ils ont également indiqué que les enfants atteints de trisomie 21 présentent une sensibilité émotionnelle qui nécessite un encadrement attentif et un soutien dans l’exécution des tâches quotidiennes.
La présidente du Conseil régional des droits de l’homme de Gbêkê, Carine Keffa, intervenant sur le second thème, a affirmé que les personnes en situation de handicap sont des sujets de droits dont la dignité doit être respectée.
Elle a relevé que les enfants atteints de trisomie 21 peuvent présenter des formes de handicap physique, mental, psychique ou social, qui limitent l’exercice de leurs droits.
Mme Keffa a dénoncé des situations d’isolement, d’exclusion et de maltraitance auxquelles ces enfants sont exposés, en raison des difficultés liées à leur prise en charge. Elle a appelé les parents, les communautés et les autorités à renforcer les mécanismes de protection et à veiller à l’application des textes relatifs à la non-discrimination, au droit à la vie, à la protection et à la dignité.
« Ces enfants ont besoin d’être protégés, accompagnés et encouragés », a-t-elle déclaré.
À l’ouverture de la rencontre, la représentante du directeur de l’Arche Bouaké, Ahizi Ange Blandine, responsable des activités de jour, a présenté l’historique et la mission de la structure.
Elle a indiqué que l’Arche est une communauté fondée en 1964 en France par Jean Vanier et le père Thomas, avec pour objectif de vivre avec des personnes en situation de handicap mental et de révéler leurs capacités.
Elle a précisé que l’Arche compte aujourd’hui plus de 150 communautés à travers le monde, dont six en Afrique. La communauté de Côte d’Ivoire, créée en 1974, mène des activités d’accueil en foyers de vie, des ateliers agro-pastoraux, des ateliers occupationnels axés sur le perlage, la couture et le recyclage, ainsi que des activités d’éveil pour les enfants.
Elle a ajouté que la structure dispose d’un service de suivi des familles, renforcé par le projet INCLU’R AFRIQUE, afin d’améliorer l’accompagnement des personnes en situation de handicap mental.
Mme Ahizi a invité les parents, les travailleurs sociaux et les partenaires institutionnels à s’impliquer dans la promotion des droits des personnes concernées.
Cette activité de sensibilisation a permis d’offrir un cadre d’échanges entre les acteurs impliqués, en vue de renforcer la compréhension de la trisomie 21 et de promouvoir l’inclusion des personnes vivant avec un handicap mental dans la société.
Source : AIP

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