Le ministre de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation, de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle, Alpha Bacar Barry, a reçu en audience, ce mercredi, la Représentante du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) en Guinée, Maddelena Bertolotti. Cette rencontre marque le premier échange officiel entre les deux responsables depuis la récente réorganisation du portefeuille ministériel de l’éducation.
Cette première rencontre s’inscrit dans le cadre du dialogue stratégique permanent entre l’État guinéen et l’agence onusienne, à un moment charnière où le pays engage des réformes structurelles profondes de son système éducatif, conformément à la vision portée par le Président de la République, Son Excellence Monsieur Mamadi Doumbouya : bâtir une école républicaine performante, équitable et souveraine, capable de former les compétences nécessaires au développement économique et social de la nation.
Face à son interlocutrice, le ministre Alpha Bacar Barry a dressé un diagnostic lucide et sans concession du système éducatif guinéen. Il a notamment souligné la prolifération d’initiatives fragmentées, la duplication de projets entre partenaires techniques et financiers, ainsi que la faiblesse persistante de la gouvernance de la donnée éducative. « On ne peut pas piloter une politique éducative ambitieuse sans données fiables, centralisées et souveraines », a-t-il insisté, appelant à un changement de paradigme dans la manière de concevoir et de coordonner l’action publique.
Au cœur de cette nouvelle approche figure la mise en place d’une carte scolaire nationale, juridiquement opposable, intégrant l’ensemble des informations relatives aux infrastructures, aux effectifs d’élèves, aux enseignants et aux besoins territoriaux. Le ministre a fixé un cap clair : cet outil stratégique devra être opérationnel dans un délai de six mois. Il constitue, selon lui, une condition indispensable pour rationaliser les investissements publics, mettre fin aux constructions d’écoles hors planification nationale et garantir une allocation équitable des ressources, en cohérence avec la vision présidentielle d’un État stratège et planificateur.
Autre chantier structurant évoqué : la refondation de l’Institut national de recherche et d’action pédagogiques (INRAP). Longtemps affaibli, l’institut est appelé à redevenir le cœur névralgique de l’innovation pédagogique en Guinée, en assurant la production de contenus adaptés aux réalités nationales, la modernisation des curricula et l’intégration maîtrisée du numérique dans les apprentissages. Une ambition qui s’inscrit pleinement dans la volonté du chef de l’État de faire du capital humain le principal levier de transformation du pays.
Pour le ministre, la durabilité des réformes ne saurait reposer exclusivement sur l’expertise externe. Elle passe impérativement par la formation et la montée en compétence de cadres guinéens capables de concevoir, d’adapter et de déployer des solutions éducatives pérennes, au-delà des cycles de financement des partenaires internationaux.
Les échanges ont enfin mis en lumière plusieurs urgences sociales majeures : le déficit structurel de l’enseignement préscolaire public, la marginalisation persistante des enfants en situation de handicap — en particulier ceux atteints de troubles du spectre autistique — ainsi que la sous-représentation des jeunes filles dans les filières scientifiques et techniques. Autant de défis que les autorités entendent relever dans une approche inclusive, alignée sur la vision du Président Mamadi Doumbouya d’une école guinéenne juste, moderne et ouverte à tous.





Source : MepuaGN

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