

Il a également rappelé que, selon des données d’organisations internationales de sécurité, plus de 6 000 attaques terroristes ont été enregistrées en Afrique de l’Ouest au cours des cinq dernières années, causant des milliers de victimes et plongeant de nombreuses familles dans la détresse. Il a salué l’initiative de l’AILCT, de son Institut de Recherche Stratégique et de l’Université de Bondoukou, qu’il a qualifiée de «hautement salutaire », tout en appelant à la vigilance collective : « Cette lutte commence dans nos familles, se poursuit dans les écoles et se renforce dans nos institutions. »

Pour sa part, le directeur général de l’AILCT, le général Allah Kouamé Joseph, a indiqué que cette conférence s’inscrit dans un vaste programme dénommé «Café stratégique universitaire », conçu pour sensibiliser le monde académique aux enjeux liés à l’extrémisme violent. Il a appelé au renforcement du partenariat entre l’Académie et l’Université de Bondoukou, saluant au passage le leadership du président de l’université, le professeur Ouattara Djakalia. « Sur ce chantier, l’Académie et l’Université de Bondoukou doivent jouer un rôle central, c’est pourquoi, j’appelle à la poursuite des discussions entre ces deux institutions afin de parvenir à un partenariat solide », a-t-il ajouté.

Prenant la parole au nom de la communauté universitaire, ce dernier a exprimé sa gratitude à l’AILCT pour le choix porté sur son institution pour accueillir une activité d’une telle envergure, tout en félicitant le comité d’organisation, notamment le vice- président SIB Sié Justin. Représentant Expertise France, Kra Modeste s’est également réjoui de la tenue de cette conférence, qui contribue à renforcer la sensibilisation des étudiants face aux menaces terroristes. Cette rencontre s’inscrit dans un contexte régional marqué par l’évolution des menaces sécuritaires. Après leur implantation dans la zone sahélienne, certains groupes terroristes développent désormais des stratégies d’influence plus subtiles, combinant violence, communication numérique et discours idéologiques visant à recruter de nouveaux adeptes, notamment parmi les jeunes.

Les organisateurs estiment que les étudiants constituent un maillon stratégique dans la prévention de la radicalisation, en raison de leur niveau d’instruction, de leur maîtrise des outils numériques et de leur rôle moteur dans la société. L’objectif est donc de renforcer leur esprit critique, leur vigilance citoyenne et leur capacité à décrypter les mécanismes de manipulation. Trois experts de renom ont animé les communications : Mme Madjiguène Dia, conseillère politique principale et cheffe d’équipe Sahel au Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (UNOWAS), sur le thème du terrorisme ouest- africain entre mutations et fragilisation des États ; Abdel Nasser Ethmane Elyessa, spécialiste des mouvements extrémistes, sur la communication stratégique des groupes terroristes ; et le commissaire Djezou Hyacinthe, sur les réponses de l’État de Côte d’Ivoire face à la menace.

Leurs interventions ont suscité des échanges nourris, mettant en évidence la nécessité de maintenir la vigilance malgré les efforts consentis par l’État ivoirien. À travers cette initiative, les organisateurs entendent mobiliser la jeunesse universitaire comme rempart intellectuel et citoyen contre l’expansion des idéologies violentes, illustrant ainsi la volonté de l’Université de Bondoukou de jouer pleinement sa partition dans la lutte contre le terrorisme. La cérémonie a été ponctuée de prestations artistiques et s’est achevée par la remise d’attestations de participation et de distinctions honorifiques à plusieurs personnalités, dont le représentant du préfet de région, le président de l’université, des responsables administratifs et académiques, ainsi que la représentante du maire.
Source : ubkou

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