La Direction de l’Alphabétisation des Adultes, des Jeunes et des Enfants (DAAJE), en collaboration avec l’Assemblée des régions et districts de Côte d’Ivoire (ARDCI), a organisé jeudi 9 avril 2026 au siège de l’institution, à Abidjan Cocody, une séance de travail suivie d’un déjeuner avec les présidents des conseils régionaux, en vue de présenter un programme d’alphabétisation ciblant 11 régions à fort taux d’analphabétisme.
Cette rencontre s’inscrit dans un contexte marqué par un niveau encore élevé d’analphabétisme en Côte d’Ivoire, estimé à plus de 47 %, avec une forte proportion de femmes, selon les données issues de l’Enquête spécifique sur l’alphabétisation en Côte d’Ivoire (ESACI 2025). Une situation jugée préoccupante par les autorités, en ce qu’elle constitue un frein au développement socio-économique et à la participation citoyenne des populations.
Au nom du ministre de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation et de l’Enseignement technique, le conseiller technique, Eloi Noël Kouassi, a souligné que l’alphabétisation et l’éducation non formelle demeurent des piliers essentiels d’un système éducatif inclusif. Il a insisté sur la nécessité d’une synergie d’actions entre l’État, les collectivités territoriales et les partenaires, afin de réduire significativement l’analphabétisme.
« Rien ne peut justifier que près de la moitié de la population soit confrontée à l’illettrisme », a-t-il déclaré, relevant que la rencontre constitue une opportunité de mutualiser les efforts pour traduire en actions concrètes la volonté politique affichée par le gouvernement.
Représentant le président de l’ARDCI, la première vice-présidente du Conseil régional du Hambol, Koné Aïssatou, a salué une initiative « ambitieuse et porteuse d’espoir », en cohérence avec la vision des autorités ivoiriennes de bâtir une société inclusive. Elle a réaffirmé l’engagement des collectivités territoriales à accompagner la mise en œuvre du programme.
Selon elle, l’analphabétisme constitue un défi majeur pour le développement local, notamment dans les zones rurales où il affecte particulièrement les femmes, les jeunes déscolarisés et les populations vulnérables. Elle a appelé à une mobilisation collective de l’ensemble des acteurs pour garantir le succès de l’initiative.
En amont, le directeur de la DAAJE a rappelé que ce projet vise non seulement à réduire le taux d’analphabétisme, mais aussi à améliorer durablement le niveau d’éducation des populations. Il a présenté les grandes orientations du programme, ainsi que la cartographie des zones d’intervention.
Les régions ciblées par ce programme sont notamment le Folon, le Bounkani, le Bafing, le Kabadougou, le Worodougou, la Bagoué, le Cavally, le Hambol, le Poro, la Marahoué et le Béré, où les taux d’analphabétisme varient entre 51% et 71%.
La DAAJE a précisé les attentes vis-à-vis des conseils régionaux, appelés à jouer un rôle clé dans la mise en œuvre du programme, notamment à travers la mobilisation des acteurs locaux, la sensibilisation des populations et l’accompagnement des actions sur le terrain.
Les participants ont convenu de la nécessité de renforcer la collaboration entre l’État et les collectivités territoriales, afin d’assurer une meilleure appropriation du programme et d’en garantir l’efficacité.
Source : AIP

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