L’Institut Pasteur de Côte d’Ivoire (IPCI) a lancé jeudi un atelier de réflexion dédié aux liens entre changement climatique et santé, dans le cadre du projet international CHINNOVA. Un rassemblement de chercheurs, responsables institutionnels et partenaires internationaux, dont l’objectif est de structurer un réseau national de recherche afin d’anticiper et d’atténuer les impacts sanitaires liés aux bouleversements climatiques.
Les panels de discussion tournent autour des panels suivants : Panel 1 : Exploiter les données météorologiques et climatiques pour la santé en Côte d’Ivoire : Etat des lieux, enjeux et perspectives. Panel 2 : Pathologies et Agents pathogènes liés au changement climatique en Côte d’Ivoire et en Afrique. Panel 3 : Intégration du changement climatiques dans les politiques de gouvernance des programmes de santé en Côte d’Ivoire. Panel 4 : Changement climatique et santé : vers un agenda de recherche interdisciplinaire
A la cérémonie d’ouverture, le directeur général de l’IPCI, le professeur Méité Syndou, a souligné la gravité du phénomène climatique et ses répercussions directes sur la santé des populations ivoiriennes.
« Le changement climatique est un enjeu mondial qui affecte toutes les régions. Ses effets sur la santé prennent une place de plus en plus importante dans les études scientifiques », a-t-il déclaré.
Selon ses analyses, s’appuyant notamment sur celles de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), les conséquences sanitaires varient selon les contextes locaux, dépendant de la capacité d’adaptation des systèmes de santé et de l’accès des populations aux services médicaux. Cependant, il a souligné qu’en Côte d’Ivoire, il existe encore un vide en matière de cadre pluridisciplinaire structuré pour anticiper ces effets.
Le projet CHINNOVA, financé par le Centre de recherche pour le développement international (CRDI) et le ministère britannique des Affaires étrangères, du Commonwealth et du Développement, ambitionne de combler cette lacune. Il vise à renforcer la production de données, la collaboration scientifique et les capacités des acteurs de santé en Afrique de l’Ouest et du Centre.
De son côté, le directeur général adjoint de la Santé en Côte d’Ivoire, le Dr Koné A. Blaise, a insisté sur la gravité des impacts climatiques sur la santé humaine.
« La montée des températures, les inondations, les tempêtes et les vagues de chaleur ont des conséquences majeures sur la santé », a-t-il affirmé, évoquant la résurgence de maladies telles que le paludisme, la dengue ou le choléra, notamment dans les zones riveraines, rappelant le choléra de 2020.
Le représentant du ministre Pr Adama Diawara, le Directeur de la Recherche au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique (MESRS), Pr Bamba Aboudramane, a quant à lui souligné le rôle stratégique de la recherche dans la lutte contre ces défis. « La recherche scientifique doit éclairer l’action publique en matière de changement climatique et de santé », a-t-il déclaré, appelant à la création d’un groupe national dédié à cette thématique.
La conférence inaugurale de l’atelier a été animée par le Dr Lucien Manga, Représentant de l’OMS en Côte d’Ivoire, autour du thème : « Changement climatique et santé : enjeux, défis et perspectives pour la recherche en Afrique ». Il a insisté sur le fait que « la menace climatique constitue la plus grande menace sanitaire du XXIe siècle ». Il a salué les efforts du pays et de ses partenaires, tout en rappelant que la recherche doit produire des résultats concrets, directement exploitables par les communautés affectées.
Les travaux, qui se poursuivent jusqu’au 16 janvier, devraient aboutir à la création d’un réseau national de recherche, à un rapport d’analyse des besoins, ainsi qu’à un plan d’action pour renforcer la résilience du système de santé ivoirien face aux défis du changement climatique. L’objectif est clair : faire de la Côte d’Ivoire un pays mieux préparé à faire face à ces enjeux sanitaires majeurs.
Source : jdmagazinetv.net

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