Le gouvernement ivoirien, par la voix du directeur général de la Santé, le professeur Samba Mamadou, a appelé à mettre fin à la marginalisation des patients atteints de maladies chroniques.
Le professeur Samba s’est exprimé, lundi 30 mars 2026 à Abidjan, lors du lancement officiel du projet de la coalition ouest-africaine de lutte contre l’hémophilie et la drépanocytose.
« Nous voulons faire en sorte que l’hémophilie et la drépanocytose ne soient plus traitées dans un système parallèle, mais qu’elles soient pleinement prises en compte dans notre dispositif de santé », a-t-il déclaré.
Représentant le ministre de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle, le directeur général de la Santé a réaffirmé l’engagement de la Côte d’Ivoire à intégrer pleinement ces pathologies dans le système de santé national, afin d’en finir avec une prise en charge trop souvent perçue comme parallèle et source de marginalisation.
Il a également plaidé pour une meilleure coopération entre les pays, notamment à travers l’harmonisation des protocoles de soins, la mutualisation des achats de médicaments et le partage des ressources disponibles.
Porté par le ministère de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle, à travers le Programme national de lutte contre les maladies métaboliques et de prévention des maladies non transmissibles (PNLMM/PMNT), le projet est mis en œuvre en partenariat avec la Fondation Novo Nordisk Haemophilia and Haemoglobinopathies Foundation (NNHF) et l’ONG internationale Hémophilie et autres maladies de la coagulation du sang (IHMS).
Cette coalition regroupe six pays d’Afrique de l’Ouest : le Sénégal, le Bénin, la Guinée, le Mali, le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire. Elle ambitionne de renforcer les systèmes de santé à travers une meilleure coordination des actions, des outils de formation harmonisés et une plateforme de collaboration régionale.
Représentant la NNHF, Célia Rohrer a souligné l’urgence d’agir face aux inégalités persistantes dans l’accès aux soins.
« Ce lancement marque une étape importante dans notre volonté commune de renforcer l’accès aux soins pour les personnes vivant avec ces pathologies », a-t-elle déclaré.
Selon elle, plus de 10 millions de personnes dans le monde vivent avec des troubles comme l’hémophilie et les hémoglobinopathies, dont la drépanocytose. Elle a également relevé plusieurs défis majeurs, notamment les diagnostics tardifs, le manque de ressources humaines et techniques, l’insuffisance de données fiables et les inégalités dans les parcours de soins.
Pour le président de l’Organisation ivoirienne des patients hémophiles, Koffi N’Dri, cette initiative constitue un tournant majeur dans la lutte contre la marginalisation dont sont victimes les malades chroniques.
« L’hémophilie et la drépanocytose sont un véritable enjeu de santé publique en Afrique de l’Ouest. Elles affectent profondément la vie de milliers de patients, souvent des enfants, ainsi que celle de leurs familles, qui se heurtent trop souvent à un système de santé peu adapté », a-t-il affirmé.
Source : AIP

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