Le laboratoire Langues, Discours et Pratiques Artistiques (LADIPA) de l’Université Joseph KI-ZERBO a rendu un hommage mérité, le samedi 14 février 2026, au Pr Yves DAKOUO, lors d’une cérémonie organisée dans la salle de conférence de l’ISSP. Après 34 années au service du Département de Lettres Modernes, tous sont unanimes que cet éminent enseignant-chercheur, admis à la retraite en février 2024, a connu une carrière marquée par la rigueur scientifique et l’engagement humain.
Au cours de son parcours, Pr Yves DAKOUO a encadré de nombreux étudiants, de la maîtrise au doctorat, laissant une marque durable sur plusieurs générations de chercheurs et enseignants. Il a dirigé 23 Diplômes Universitaires de Technologie, 56 mémoires de maîtrise, 57 DEA et mémoires de master, 2 mémoires d’inspection de l’enseignement secondaire, 21 thèses, co-dirigé 4 thèses au plan national et 2 en co-tutelle avec la France. Il a également participé à 91 jurys de soutenance de thèse. Mais au-delà des chiffres, ce sont des trajectoires humaines, des carrières lancées et des vocations affirmées qui témoignent de son impact.
Son premier doctorant, Dr Dramane KONATE, a rappelé la dimension profondément humaine de cet encadrement : « Pr DAKOUO nous a appris que la science ne doit jamais être enfermée dans les bibliothèques. Elle doit dialoguer avec la société. Il nous a transmis l’humilité, la réserve, le sens de la parole juste ». A ses yeux, le Maître a façonné bien plus que des chercheurs, il a formé des citoyens engagés.
Dr Valentine SANOU/PALM, Maître de Conférences au Département de Lettres Modernes, actuelle directrice adjointe de l’Ecole Doctorale Lettres Sciences Humaines et communication (ED-LESHCO), a insisté sur la portée de cet héritage : « Il (Pr Yves DAKOUO) a formé plus d’une trentaine de docteurs et accompagné des centaines d’étudiants. Aujourd’hui, ils sont enseignants, chercheurs, cadres, acteurs culturels. Son influence dépasse largement l’université ». Elle a également salué sa rigueur scientifique et son exigence méthodologique, qui ont durablement structuré la recherche en Lettres Modernes.
Les témoignages de Dr Boukary NEBIE, du Pr Youssouf OUEDRAOGO, du Pr Alain SANOU, du Pr Georges SAWADOGO et du Dr Dramane KONATE ont tous convergé vers la même image : celle d’un enseignant exigeant mais profondément humain, attentif à ses étudiants et convaincu que les sciences humaines jouent un rôle central dans la construction d’une société éclairée.
La projection d’une vidéo d’hommage, ponctuée de témoignages et d’images retraçant les grandes étapes de sa carrière, a replongé l’assistance dans son parcours. On y découvre un homme engagé, méthodique, passionné par la transmission et profondément attaché à la valorisation des savoirs.
Au-delà des amphithéâtres, Pr DAKOUO a également occupé d’importants postes de responsabilités, notamment comme Directeur Général du Livre et de la Lecture Publique au Ministère de la Culture, président du Conseil d’administration du Musée National, responsable pédagogique du Master des Arts du Spectacle et des Métiers de la Création Artistique, et membre de plusieurs comités scientifiques nationaux et internationaux. Partout, il a œuvré pour la promotion de la littérature et des savoirs endogènes.
L’un des moments forts de la cérémonie fut la dédicace de deux volumes de « Mélanges » offerts au Pr DAKOUO. Ces ouvrages, composés d’articles scientifiques consacrés à ses travaux ainsi que de témoignages, traduisent l’estime et la reconnaissance de ses pairs.
Le premier volume, Sémiotique des discours, des textes et des médiations culturelles, met en lumière les fondements théoriques de sa pensée, autour de l’analyse du discours et des dynamiques culturelles.
Le second, Sémiotique des pratiques artistiques, sociales, rituelles, culturelles et mystiques, illustre l’ouverture de ses recherches vers les pratiques symboliques et les expressions artistiques et sociales.
Pr DAKOUO a exprimé sa profonde gratitude et sa fierté pour cet hommage. Il a partagé sa joie de voir ses étudiants et doctorants intégrés dans les universités et contribuant activement au développement de la société, ce qui rend sa carrière pleinement satisfaisante. Il a souligné l’importance de poursuivre la recherche et d’explorer de nouvelles pistes, notamment l’étude des « « mystèmes» » dans la production artistique, la littérature, le cinéma et la peinture, afin d’enrichir la compréhension des phénomènes culturels burkinabè et africains. « Ce qui me touche le plus, ce n’est pas le nombre de mémoires ou de thèses dirigés, mais le fait de voir mes étudiants devenir à leur tour des passeurs de savoir. Tant que la connaissance circule et sert la société, notre mission d’enseignant est accomplie », a-t-il confié avec émotion.
Cet hommage aura été bien plus qu’une cérémonie. Il aura été un moment de mémoire, de reconnaissance et de transmission.




Source : UniversiteJKZ

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