La Côte d’Ivoire élabore une feuille de route nationale pour renforcer la détection précoce du cancer de la prostate et réduire le taux alarmant de 73 % de diagnostics posés au stade métastatique.
Lors de l’ouverture, mardi 27 janvier 2026 à Abidjan, d’un atelier conjoint consacré à ce sujet, le Pr Soro Gona Kountélé, directeur de cabinet adjoint du ministère de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle a qualifié la situation de « préoccupante ».
« Elle réduit considérablement les chances de survie, alourdit les coûts des traitements et affecte profondément la qualité de vie des patients et de leurs familles », a souligné Pr Gona.
Cette feuille de route vise à structurer et harmoniser les actions de dépistage sur l’ensemble du territoire. Il reposera sur un diagnostic approfondi du système actuel afin d’identifier les obstacles et de définir des orientations « claires, réalistes et mesurables » aux échéances courtes, moyennes et longues.
Pour lui, la formation des médecins généralistes sur tout le territoire constitue un axe prioritaire.
« Que tout généraliste maîtrise le toucher rectal, le dosage du PSA et l’indication d’une biopsie, c’est l’objectif que nous poursuivons », a insisté le Pr Kountélé.
Il a également appelé à améliorer l’accès géographique et financier au dépistage, à sensibiliser les populations pour lever les tabous et à renforcer la coordination entre les échelons du système de santé.
L’autorité a salué l’appui des partenaires, notamment l’Agence coréenne de coopération internationale (KOICA) et le Centre national du cancer de Corée du Sud, ainsi que le Programme national de lutte contre le cancer (PNLCa). Il s’est félicité du lancement concomitant d’un programme de « formation de formateurs » destiné à décentraliser l’expertise.
Le Pr Kim Yeol, directeur de la coopération internationale du Centre national du cancer de Corée, a exprimé l’espoir que les résultats de ce projet ambitieux « puissent, à terme, être étendus à d’autres pays d’Afrique ». « Nos efforts communs contribueront à sauver des vies et à améliorer la santé des populations », a-t-il affirmé.
Le représentant de la KOICA en Côte d’Ivoire, M. Kim Sangjun, a réaffirmé l’engagement de son pays à œuvrer pour « un accès équitable et opportun à des soins de qualité pour tous ». « Cette collaboration marque une étape importante vers un système de santé plus équilibré et une amélioration durable de la santé des Ivoiriens », a-t-il conclu.
Source : AIP

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